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La condamnation en Grande-Bretagne d’un aumônier anglican de 84 ans qui a avoué avoir abusé de jeunes garçons depuis plus de cinquante ans (The Guardian, 13 septembre 2011) rappelle que le problème des abus sexuels sur mineurs n’est pas l’apanage de l’Église catholique et qu’il se rencontre dans d’autres religions. Au-delà du fait évident que de telles exactions peuvent se perpétrer dans n’importe quel milieu, nous voudrions ici nous interroger sur ce que peuvent en dire les  sciences du fait religieux.

Dans les explications qui sont données au phénomène d’abus par des religieux, plusieurs reviennent sans cesse :

1° les déviations que sont toujours susceptibles d’occasionner les positions d’autorité ;

2° les perturbations psychologiques induites par une sexualité « rentrée » ;

3° des penchants pédophiles structurels d’individus qui choisissent pour les assouvir des professions qui les mettent en présence de « proies » captives (aumôniers scouts, enseignants, etc.).

Ce lundi 18 novembre, une série de conférences réunissait à Bruxelles une foule nombreuse – près de 600 personnes – sur le thème Parlez-vous le gender ? L’événement, dont les organisateurs se présentent comme des parents d’élèves, donnait la parole à Marguerite A. Peeters, journaliste, consulteur au Conseil pontifical pour la Culture et fondatrice du cabinet de conseil bruxellois « Institut pour les Dynamiques du Dialogue interculturel de la Culture » ; Maria Hildingsson, secrétaire générale de la Fédération européenne des Associations familiales catholiques ; Jérôme Brunet, porte-parole de la Manif pour tous et président de l'Appel des Professionnels de l'Enfance ; et Elizabeth Montfort, ancien député européen, présidente de l’Alliance pour un nouveau Féminisme européen. Le débat était animé par Jean-Thomas Lesueur, délégué général de l’Institut Thomas More, think tank d’opinion, européen et indépendant basé à Bruxelles et Paris, qui a pour objectif notamment de défendre « Une Europe fière de ses racines, sûre de ses cultures ». L’objectif des conférenciers était d’informer les parents sur le danger que comporte la « théorie du genre », à savoir l’idée que l’identité sexuelle n’est pas seulement biologique, mais est le résultat d’une construction culturelle et sociale.

Jusqu’au milieu du XXe siècle, le discours des autorités vaticanes liait de façon systématique l’activité sexuelle au péché : les développements consacrés à la dimension charnelle de l’amour visaient essentiellement à réprimer la sexualité. L’approche de cette question se transforme profondément à partir des années 1950-1960 : le discours de la hiérarchie catholique aborde désormais la sexualité plus positivement, en valorisant les rapports intimes qui étaient, hier encore, marqués du sceau de la honte et du tabou. Cette nouvelle orientation peut-elle être interprétée comme un « assouplissement » progressif de la morale sexuelle catholique, qui accompagnerait l’évolution des mœurs après la « révolution sexuelle » ? Non : cette « modernisation » du discours semble au contraire viser à réaffirmer, avec une vigueur renouvelée, les principes de la morale sexuelle catholique traditionnelle.

A la question « Pour vous, Jésus, c’est… », la comédienne Sara Giraudeau répond : « N’ayant pas été élevée dans la religion, il me reste avant tout l’image d’un bébé entouré de ses parents. Une image de naissance, d’espoir » (Le Pèlerin, 5 mai 2016). Intitulé « La Sainte Famille », le colloque du CIERL qui s’est tenu à Rome, les 19 et 20 mai 2016, avait pour objet la sexualité, la filiation et la parentalité selon et dans l’Eglise catholique. S’il est impossible de rendre compte de la richesse de toutes les interventions, quelques lignes de force se dégagent.

Le 20 octobre dernier, la sexologue et philosophe Thérèse Hargot était invitée à Bruxelles pour présenter sa vision de l’amour et de la sexualité au cours d’une conférence-spectacle dont le titre est un coup de gueule : « C’est quoi ce bordel avec l’amour ? ». Se déclarant elle-même « catho compatible », Thérèse Hargot propose une morale sexuelle présentée comme révolutionnaire et transgressive, sans jamais trahir les principes énoncés au XXe siècle par l’Eglise catholique en termes de morales sexuelle et conjugale.

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