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Economie monastique rime souvent, dans l’imaginaire de la société occidentale moderne, avec bière ou face rubiconde sur une boîte de fromage. Le moine défricheur occupe aussi dans cette image d’Epinal une position d’arrière-plan indélogeable. Mais qu’en est-il au juste de l’économie des monastères actuels d’Europe ? Entre crise des vocations et crise économique, comment les moines vivent-ils réellement leur économie ?

Dès les premiers ermites du désert au début de la chrétienté, s’est posée la question de l’équilibre entre le travail et la prière. Les deux exhortations opposées de saint Paul « Priez sans cesse » (1 Th. 5, 17) et « Qui ne travaille pas ne mange pas » (Th. 3, 10) ont donné lieu à diverses interprétations, allant de la tentation angélique de refuser tout travail et d’attendre sa subsistance de Dieu à l’équilibre prôné par saint Benoît dans sa règle entre travail et prière qui a parfois débouché, comme souligné par Max Weber, sur une grande performance économique.

Haut lieu du monachisme chrétien orthodoxe depuis le Xe siècle de notre ère, le Mont Athos (Grèce) est souvent présenté comme un espace « hors du temps », replié sur lui-même. Les moines auraient choisi cet espace « inaccessible » pour se consacrer à Dieu par la prière et l’ascèse. Néanmoins, pour que les moines puissent se consacrer à leurs activités spirituelles, la survie temporelle du monastère est nécessaire. Le cas des monastères de l’Athos nous permettra d’envisager les rapports complexes entre monachisme chrétien orthodoxe et économie capitaliste au début du XXIe siècle. Au-delà des tensions primordiales, se dessine l’articulation de deux « économies » distinctes : celle de biens symboliques  et celle, plus classique, des échanges matériels.

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