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Dans l’imaginaire collectif, le missionnaire est revêtu de blanc, arbore la barbe, affronte la jungle et les « sauvages ». Il appartient à un âge révolu, celui des colonies. Depuis la décolonisation et Vatican II, cette image a disparu et il n’est plus souvent question des missionnaires. C’est qu’en cinquante ans, leurs fonctions, missions et statuts se sont profondément modifiés. Ils se sont professionnalisés et ressemblent à s’y méprendre aux coopérants des ONG humanitaires. On compte aujourd’hui dans le monde 1 864 stations missionnaires avec prêtre résident et 136 572 qui n’en possèdent pas. D’une manière générale, le nombre de missionnaires laïcs est en augmentation et ils sont aujourd’hui 368 520. Peu d’études se sont intéressées à l’évolution des missions depuis les années 1950. Un colloque récent à Montréal a montré tout l’intérêt du sujet.

En 1891, soit six ans après la reconnaissance de l’État indépendant du Congo, une statue de dévotion mariale fut conçue spécifiquement pour le Congo et envoyée à la mission de Matadi. Tout à la fois héritière d’une ancienne imagerie chrétienne et innovatrice par sa figuration des hiérarchies raciales dans l’empire colonial naissant, cette dévotion connut un échec relatif au Congo mais devint un vecteur précoce et puissant de la propagande missionnaire en Belgique. Ce parcours divergent est analysé ici en soulignant l’intericonicité des images et les contextes variables de leur réception.

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