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L'affaire DSK a réveillé une formule magique qui nourrit bien des fantasmes mais qui repose sur des raccourcis historiques et étymologiques évidents. Le fameux "puritanisme américain" conduirait à une dénonciation du plaisir sexuel et à une culpabilisation de ceux qui aiment s'y adonner. Certains défenseurs du prototype français du "bon vivant", du "coureur de jupons", de l'"homme qui aime les femmes" ont eu recours à cette notion galvaudée pour aider à laver DSK de tout soupçon. Dans Le Monde du 24 août 2011, l'écrivain Pascal Bruckner, auteur de plusieurs livres sur les relations amoureuses aujourd'hui, écrit ainsi : "L'Amérique du Nord, à l'évidence, a un problème avec le sexe qui vient de son héritage protestant mais elle veut en plus donner des leçons au monde entier. La qualifier de puritaine ne suffit pas car c'est un puritanisme retors, d'après la révolution des mœurs, qui parle le langage de la liberté amoureuse et coexiste avec une industrie pornographique florissante. C'est très exactement un puritanisme lubrique". Il conclut son billet d'humeur avec ce constat sévère : "Nous (les Français) avons beaucoup de choses à apprendre de nos amis américains mais certainement pas l'art d'aimer".

The prominent place of religion and of religious references in American public discourse is one of the most salient differences between the US and Europe. From elected officials taking the oath of office on the Bible, “In God We Trust” on coins and bills, “God Bless America” at the end of every speech and candidates speaking candidly about their beliefs, religion is seemingly everywhere.

This impression is strengthened when one looks at the numbers. Indeed, according to the Pew Research Center, 50% of Americans consider religion to be very important in their life while only 21% of Germans and 13% of French people feel the same way. And 55% of Americans attend weekly services. However, if one takes a less western-centric perspective, Europe is the secular exception in a world that remains religious to a large extent.

As a matter of intellectual honesty, the use made of Scripture must remain faithful to the original text and intention (inasmuch as these may be retraced). At the point where religious language comes to be fraught with ideology (or vice versa), the emerging discipline of Critical Discourse Analysis may prove useful inasmuch as it (re)places instances of language within their full co-text, con-text and inter-text and seeks to denounce cases of manipulation wherein texts are read according to a system or set of values altogether extraneous to it, or alienated from their original meaning or purpose.

I would like to illustrate this point by means of the case example of George W. Bush's recourse of religious language and categories to justify (notably) U.S. foreign policy and beyond that, to serve his own electoral purposes.

In a number of twentieth-century critiques of Methodism (and notably in E.P. Thompson’s Making of the English Working Class), John Wesley’s discourse has been represented as an instrument in the conversion of the factory proletariat to the industrial work ethic, symptomatic of an emerging ideological paradigm heavily conditioned by the demands of increasing industrialization. While the data adopted as evidence by the critics are authentic, an analysis of the discourse in context reveals that not only have the instances of Methodist discourse been selected and combined to tie in with a particular reading of reality – religion as the opiate of the people – but also that the value judgment fostered by this partial representation has been applied indiscriminately to Methodism as a whole, with blatant disregard for the positive transforming power it exerted both on individuals and on society.

On se plait à rappeler que New York, ce n'est pas les États-Unis. De même, les juifs new yorkais ne sauraient prétendre représenter l'ensemble du judaïsme américain. Cela étant, avec plus d'un million et demi de personnes (soit près d'1/3 de l'ensemble de la population juive étatsunienne) réparties dans ses huit districts — Bronx, Brooklyn, Manhattan, Queens, Staten Island, Nassau, Suffolk, Westchester —, New York rassemble la plus grande concentration juive de diaspora.

À ce titre, les résultats de la Jewish Community Study of New York: 2011 conduite par Steven Cohen et Jacob B. Ukeles méritent l'attention. Non seulement parce qu'il s'agit de l'étude la plus vaste menée à ce jour (près de 6 000 personnes interviewées) mais aussi parce qu'elle révèle des retournements de tendances par rapport à l'enquête précédente de 2002 et signale des points de ruptures qui mettent à mal certaines des certitudes concernant le judaïsme américain. C'est essentiellement de ces derniers aspects de l'enquête qu'il sera question ici.

Qui dit « mormonisme » pense souvent « polygamie ». Pourtant, si le prophète fondateur du mormonisme, Joseph Smith (1805-1844), avait plus de quarante-huit « épouses » la polygamie n’est plus pratiquée par l’Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours depuis 1890/1904. Face aux législations américaines d’inspiration victorienne, le mormonisme s’est en réalité adapté pour survivre. Seuls les mormons « fondamentalistes » pratiquent encore la polygamie, mais en dehors d’une Eglise mormone qu’ils jugent « apostate », et qui milite activement pour un mariage strictement monogame et hétérosexuel. Au-delà de ce discours institutionnel conservateur, et alors que des théologies féministes se sont développées dans les trois monothéismes, un féminisme mormon est aussi apparu, malgré les rôles de genre très clairement définis et délimités par l’Institution.

Alors que la polygamie est interdite aux Etats-Unis, en juillet 2011, la famille Brown, une famille mormone fondamentaliste polygame – composée de Kody, ses quatre épouses et leurs nombreux enfants –, a déposé plainte contre l’Etat d’Utah, l’accusant de violer ses droits à la vie privée. Rendue célèbre par la série de télé-réalité « Sister Wives », la famille Brown appuyait sa plainte non sur le Premier amendement de la Constitution américaine, qui garantit la liberté religieuse, mais sur une décision de la Cour suprême (2003) contestant une loi du Texas interdisant… la sodomie. En décembre 2013, le juge fédéral Clark Waddoups a rendu un jugement en faveur de la famille Brown. En aucun cas le juge n’y affirme que la polygamie soit légale. Ce que le jugement remet en question, ce sont les lois spécifiques de l’Utah contre la cohabitation d’un homme et de plusieurs femmes, que le juge estime en violation avec le Premier amendement, mais aussi le Quatorzième amendement, qui affirme la nécessité de garantir l'égale protection de tous ceux qui se trouvent sur le territoire des Etats-Unis.

Dans un article daté du 2 octobre 2014, le Huffington Post rend compte de propos tenus par Antonin Scalia, juge à la Cour suprême des Etats-Unis, selon lequel la Constitution permettrait de favoriser la religion par rapport à l’irréligion. Une telle position est sans doute aujourd’hui encore minoritaire à la Cour, mais l’évolution de cette dernière vers la droite rend la question d’autant plus pertinente. La position du juge Scalia constitue-t-elle une interprétation correcte de la Constitution ? Scalia est un « textualiste » : il veut que les juges prennent en considération le texte même de la Constitution sans trop s’en éloigner, sans trop le solliciter par des interprétations larges et audacieuses. Le textualiste désire que les juges ne s’éloignent pas de la signification ordinaire du texte (plain text), bref qu’ils ne témoignent pas de trop de « créativité ».

L’Institut WIN/Gallup International vient de publier récemment les résultats d’une étude intéressant les croyances religieuses, fondée sur une enquête menée auprès de plusieurs dizaines de milliers de personnes dans soixante-cinq pays, et ce sur les cinq continents. Selon ce tout nouveau sondage, dont la presse s’est largement fait l’écho, six personnes sur dix dans le monde (63 %) manifestent leur appartenance à un groupe religieux, alors que deux sur dix (22 %) se considèrent comme étant non-religieuses. Plus d’une sur dix (11 %) enfin, se proclame quant à elle athée convaincue. Mais les écarts sont marqués, et de manière considérable, dès lors que l’on différencie les situations suivant les régions de la planète…

Régine Azria, membre du Comité éditorial d'ORELA, vient de nous quitter, frappée par la maladie. Spécialiste reconnue en sociologie du judaïsme, Régine Azria a été une figure majeure des sciences sociales des religions en France durant ces trois dernières décennies, co-dirigeant notamment avec Danièle Hervieu-Léger le Dictionnaire des faits religieux (Paris, 2010), et assurant pendant de longues années la fonction de rédactrice en chef adjointe des Archives de Sciences Sociales des Religions (ASSR). La prochaine livraison des ASSR évoquera sa personnalité et une soirée sera consacrée à son œuvre, le jeudi 23 mars 2017, à 17h30, à la salle M. et D. Lombard, au 96 bd. Raspail à 75006 Paris. Nous avons pour notre part souhaité honorer sa mémoire en republiant une contribution qu'elle avait consacrée, pour ORELA, le 10 juillet 2012, à la Jewish Community Study of New York.

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