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Retour au pays d'un pape contesté

Mercredi 28 Septembre 2011

Il y a un an, Benoît XVI a accompli un voyage officiel fort remarqué en Grande-Bretagne, terre séculaire d'anti-papisme, voire d'anti-catholicisme. Malgré les critiques de la part de quelques adversaires irréductibles, qui ont exprimé leur opposition en recourant à des méthodes peu convaincantes, le chef de l'Église romaine a été accueilli à Londres avec curiosité, bienveillance et sympathie, non seulement par l'importante minorité catholique, mais aussi par les milieux politiques et par la grande majorité de la population.

En ce mois de septembre 2011, Benoît aurait pu recevoir le même accueil en Allemagne, autre berceau du protestantisme. Mais le troisième retour au pays d'un pape de plus en plus impopulaire n'a pas tenu ses promesses. Il suffit de lire les échos dans la presse allemande pour se rendre compte que l'état de grâce de 2005, année de l'élection du premier pape allemand depuis la Renaissance, appartient bel et bien au passé.

Ce 11 octobre 2012, l’Église catholique fêtera les cinquante ans de l’ouverture du Concile œcuménique Vatican II, qui réunit jusqu’au 8 décembre 1965 tous les évêques du monde afin de réfléchir aux moyens à mettre en œuvre pour accomplir un aggiornamento, une mise à jour, tant de la parole de l’Église que de l’organisation intérieure de celle-ci. Il en résulta seize textes qui sont des directives pratiques tout autant que des décisions doctrinales du magistère de l’Église. Ces textes allaient profondément modifier la pastorale (l’annonce de la parole, la célébration des sacrements, l’encadrement des âmes, le gouvernement de la communauté) du demi-siècle à venir. Aujourd’hui, les nuées d’articles de presse comme les travaux scientifiques qui tentent de dresser un bilan de l’événement s’accordent pour dire que Vatican II marque le début d’une mutation profonde et toujours en cours.

Le Pape a surpris le monde entier ce matin en annonçant qu'il quittera ses fonctions à la tête de l'Eglise catholique le 28 février prochain... Un conclave sera dès lors réuni pour pourvoir à sa succession. Pour le cardinal Sodano, doyen du collège des cardinaux, il s'agit d'un "coup de tonnerre dans un ciel serein". ORELA reviendra dans les prochaines heures sur les circonstances de cet événement exeptionnel à la tête de l'Eglise.

Le texte intégral de la déclaration du Pape, sur le site du Corriere della Sera.

This truly post-modern pontificate could not have finished on a more coherent note, with Benedict XVI announcing resignation on 11 February 2013, only two months after his decision to join twitter. In the last decades, the age of spectacular contradictions and narcissistic stars, of nostalgic purists and charismatic visionaries, of gentle wolves and bullying lambs, has dramatically challenged the Papacy.

Joseph Ratzinger has relied on the unbending and invariable faith of the Church to face the storm: doctrinal solidity has been his asset first as an emerging theologian and bishop, then, from 1981 to 2005, as the relentless defensor fidei in his capacity as the Prefect of the Congregation for the Doctrine of the Faith; and finally, as Pope Benedict XVI, the re-evangelizer of Europe in the name of faith and reason. Since his early years, back to basics was Joseph Ratzinger’s recipe, against the background of a world, and a Church, going crazily secular. Good theology teaches that human failures are the inevitable consequence of the original sin; without Christ, and his Church, they cannot be endured, indeed they have no sense.

Célestin V est l'un des rares papes de l'histoire de l'Eglise, à la fin du XIIIe siècle, à avoir volontairement démissionné de sa charge, comme il a été rappelé maintes fois lors de l'abandon récent de ses fonctions par le pape Benoît XVI. A l'époque où son prédécesseur Jean-Paul II commençait à manifester des signes de faiblesse, suscitant nombre de commentaires relatifs à une éventuelle résignation, l'historienne Anne Morelli (Centre interdisciplinaire d'Etude des Religions et de la Laïcité, ULB) rappelait déjà une anecdote bien plus intéressante qu'il n'y paraîtrait à première vue...

A suivre les commentateurs, la réforme de la Curie romaine est un des enjeux du pontificat de François. Elu pour réformer, le pape engage les réformes : groupe de cardinaux pour le conseiller dans le gouvernement de l’Eglise (13 avril 2013), Commission d’étude et de proposition chargée de l’organisation de la structure économique et administrative du Saint Siège (18 juillet 2013), Secrétariat pour l’économie (24 février 2014). Mais faut-il souscrire entièrement à cette analyse, renvoyant à nombre de représentations du Vatican – administration bloquée, opacité tenace, jeux de couloirs, inefficacité récurrente ? Une mise en perspective socio-historique nuance en effet assez largement ces lectures.

Le 27 avril, le pape François a célébré la canonisation de Jean XXIII et Jean-Paul II. Le sens de cette double canonisation n’est pas sans intérêt pour les historiens de l’Église contemporaine. En effet, Jean XXIII est le pape de Vatican II, un pape qu’on voulait « de transition » et qui est pourtant passé à l’histoire pour avoir voulu renouveler le catholicisme. L’interprétation de l’aggiornamento est cependant une question qui – cinquante ans plus tard – fait encore débat chez les théologiens. Le fait que le pape François ait canonisé l’homme du concile en même temps que Jean-Paul II (pape charismatique, mais pas vraiment progressiste) pose question. Quelle direction le renouvellement du catholicisme est-il en train de suivre ?

Ce 25 octobre, les 253 participants au Synode des évêques sur la famille, réunis depuis le 4 octobre, ont conclu leurs travaux et approuvé un texte élaboré par une commission de dix membres nommés par le pape. Le contenu de ce texte, publié en italien, est abondamment commenté et sera prochainement suivi de la rédaction d’une Exhortation apostolique par le pape François. Il en ressort qu’aucune modification n’a été apportée sur les questions sensibles – et attendues – que sont la place des personnes homosexuelles dans l’Église, la contraception et l’accès à la communion des divorcés remariés. On y retrouve en outre les condamnations attendues de l’« idéologie du genre », de l’avortement, de l’éducation sexuelle, du mariage entre personnes du même sexe ou encore de l’euthanasie.

Ce dimanche 2 octobre, le pape François a réanimé la polémique autour de « l’idéologie du genre » dans l’avion qui le ramenait d’un voyage à Cracovie. Comme il l’avait déjà fait à diverses occasions, il a pris position pour affirmer que ladite théorie était une « colonisation idéologique » dangereuse pour l’ordre naturel puisqu’elle est propagée dans les manuels scolaires. Elle ferait des enfants des cobayes et leur apprendrait que la sexualité, l’orientation sexuelle et le sexe biologique sont des choix posés par les individus, et non des déterminants donnés par la nature et voulus par Dieu.

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