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L’organe représentatif du culte islamique vient d’être renouvelé ; sa nouvelle composition a été présentée ce 30 mars, au terme d’un processus de sélection organisé au sein des mosquées. Alors que les élections des équipes précédentes avaient été ouvertes à tous les musulmans de Belgique et avaient reçu une large attention médiatique, cette fois le processus s’est accompli dans la discrétion. Le nouvel Exécutif sera-t-il à même de stabiliser la représentation du culte islamique et de fonctionner plus efficacement que ses prédécesseurs ?

Sur les pourtours musulmans de la Méditerranée, on assiste à un redéploiement des organisations « Frères musulmans », dont les récents succès électoraux, surtout depuis le Printemps arabe, poussent à reconsidérer leur place dans le monde arabe comme force politique de premier ordre. Cette dynamique est également observable en Europe où les Frères musulmans européens (FME), via la Fédération des Organisations islamiques en Europe (FOIE) — dont le siège est à Bruxelles —, sont également des acteurs importants, voire cardinaux du paysage islamique européen. Preuve de ce dynamisme, les FME organisent chaque année les deux manifestations musulmanes les plus importantes du monde occidental, en banlieue parisienne (au Bourget, au printemps) et à Bruxelles (en septembre), attirant des dizaines de milliers de personnes. Pour autant, ce dynamisme ne doit pas masquer les crises profondes dans lesquelles sont actuellement plongés les Frères musulmans.

La 3e Foire musulmane de Bruxelles s’apprête à recevoir au cours du prochain week-end un conférencier koweïtien très controversé, Tareq al-Suwaidan, issu des rangs des Frères musulmans, qu’un éditorial de La Libre Belgique — l’un des quotidiens belges francophones les plus sérieux et les mieux informés — qualifiait ces jours derniers de « semeur de haine professionnel ». Ce prédicateur à succès dans le monde musulman est en effet accusé, non seulement de propager l’idée d’une annihilation pure et simple de l’Etat d’Israël, mais aussi une exécration des juifs justifiée religieusement.

Dans le contexte des attentats sanglants des 7 et 9 janvier à Paris, alimentées aussi par les discours sur la « radicalisation » d’une partie de la jeunesse musulmane, deux initiatives publiques ont défrayé la chronique en France et en Belgique, ces dernières semaines. En France, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, chargé des cultes, a indiqué la volonté du gouvernement de mettre sur pied une « instance de dialogue » avec l'islam. Conséquence : le Conseil français du Culte musulman (CFCM), créé en 2003 à l’initiative de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur lui aussi, s’est vu marginalisé davantage encore qu'il ne l'était ­— les autorités voulant s’adresser désormais à « tous ceux qui ne sont pas ou qui ne se sentent pas représentés par le CFCM » — et pour ainsi dire dessaisi d'une série de dossiers essentiels : la formation des imams, l'abattage rituel, le financement des mosquées ou le dialogue interreligieux. En Belgique, c’est le ministre francophone en charge de l’enseignement supérieur qui a annoncé récemment la mise en route d’un processus visant à mettre sur pied une formation des imams et des cadres musulmans en Fédération Wallonie-Bruxelles.

En 2015, le nombre d’abattages rituels d’un ovin dans le cadre de la fête de l’Aïd el Kébir a diminué drastiquement en Belgique. En cause, l’interdiction des abattoirs temporaires dans deux régions du pays (la Flandre et la Wallonie) et un boycott des autres structures largement suivi au sein de la communauté musulmane. Cette évolution annonce-t-elle une interdiction générale de l’abattage sans étourdissement préalable, une question qui revient régulièrement dans l’actualité ces dernières années, en Belgique comme dans d’autres pays européens ?

En juin 2014, ORELA remettait à son commanditaire, le Centre d'Action laïque, le rapport final d'une étude réalisée par Stéphane Jonlet et consacrée aux "Dynamiques individuelles de sécularisation : le cas des personnes de tradition musulmane en Belgique". Ce rapport, rendu public depuis, a tenté d’apporter une meilleure compréhension du vécu de ceux qui, liés d’une manière ou d’une autre au « monde musulman », se sont éloignées de ses pratiques et croyances religieuses.

En juin 2014, ORELA remettait à son commanditaire, le Centre d'Action laïque, le rapport final d'une étude réalisée par Stéphane Jonlet et consacrée aux "Dynamiques individuelles de sécularisation : le cas des personnes de tradition musulmane en Belgique". Ce rapport, rendu public depuis, a tenté d’apporter une meilleure compréhension du vécu de ceux qui, liés d’une manière ou d’une autre au « monde musulman », se sont éloignées de ses pratiques et croyances religieuses.

L’hypothèse principale qui a présidé à la conception de l’étude était celle de l’existence d’un phénomène de « double marginalisation » subi par ces personnes : d’un côté de la part de musulmans qui les rejettent en raison de la distance qu’ils affichent envers la religion ; d’un autre côté de la part d’acteurs institués de la société belge qui les assignent à une supposée identité religieuse. Le but de cette recherche a consisté à apporter un regard objectif sur ce phénomène de « double marginalisation », tout en le situant dans le contexte plus large des dynamiques de sécularisation qui se développent au sein des populations musulmanes de Belgique.

Le rapport au format pdf peut être téléchargé sur cette page-ci.

2022. Dans une France où les violences entre extrémistes musulmans et identitaires se multiplient, les élections présidentielles portent au pouvoir, à l’issue d’un second tour mouvementé qui l’oppose à Marine Le Pen, Mohammed Ben Abbes, leader de la Fraternité musulmane. Dès son élection, celui-ci met en place une série de réformes visant à appliquer une version douce de la charia – avec, comme mesure emblématique, l’exclusion des femmes de la vie publique...                    

Depuis quelques décennies, la nature des relations entre politique et religion en Allemagne a fait l’objet de profondes mutations. Celles-ci sont liées à la sécularisation, à l’importance grandissante du nombre des personnes dites sans confession (Konfessionslose), à l’individualisation et la pluralisation religieuses, et notamment à la présence de plus en plus affirmée de l’islam. Ces évolutions, qui tendent à remettre en question l’équilibre bi-confessionnel protestant vs. catholique, longtemps considéré comme une dimension essentielle de l’identité collective allemande, bousculent les représentations d’une société qui a du mal à penser le pluralisme et la neutralité confessionnelle sans référence au christianisme. Les autorités publiques sont ainsi amenées à trouver des solutions politiques et juridiques, susceptibles de concilier la protection de la liberté de conscience et de religion, le principe de neutralité de l’État et l’égalité de traitement de toutes les communautés religieuses.

Le 30 mars 2014, un nouvel organe représentatif du culte islamique était présenté à la presse belge. Issu pour la première fois d’un processus d’élection interne aux mosquées, cet Exécutif des Musulmans de Belgique avait pour mission de stabiliser l’organisation du culte islamique et faire progresser des dossiers importants, en particulier la reconnaissance de nouvelles mosquées. Deux ans plus tard, un constat d’échec entraine un remaniement de sa composition et la nomination d’un nouveau président, sur fond de moyens supplémentaires alloués par les pouvoirs publics au culte islamique.

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