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Confronté à la menace d’une faillite de l’État, le gouvernement grec décrétait en septembre 2011 une nouvelle taxe sur les biens immobiliers. Une série d’exemptions accompagne cette mesure, qui concernent notamment les églises, monastères et bâtiments de l’Église orthodoxe « à l’exception des biens exploités commercialement ». Dans un contexte d’austérité budgétaire, de baisse des salaires et d’accroissement du chômage, l’annonce de cette exonération déclenche une avalanche de réactions : sont visés les « privilèges » de l’Église orthodoxe, le manque de transparence de ses comptes, la prise en charge du salaires des prêtres par l’État. En Grèce, la question du patrimoine ecclésiastique, sujet sensible et encore largement opaque, constitue un angle crucial d’approche des liens étroits — mais ambigus — entre Église, nation et État.

Haut lieu du monachisme chrétien orthodoxe depuis le Xe siècle de notre ère, le Mont Athos (Grèce) est souvent présenté comme un espace « hors du temps », replié sur lui-même. Les moines auraient choisi cet espace « inaccessible » pour se consacrer à Dieu par la prière et l’ascèse. Néanmoins, pour que les moines puissent se consacrer à leurs activités spirituelles, la survie temporelle du monastère est nécessaire. Le cas des monastères de l’Athos nous permettra d’envisager les rapports complexes entre monachisme chrétien orthodoxe et économie capitaliste au début du XXIe siècle. Au-delà des tensions primordiales, se dessine l’articulation de deux « économies » distinctes : celle de biens symboliques  et celle, plus classique, des échanges matériels.

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