Mercredi 03 juin 2020
Dimanche, 05 février 2012 13:26

La révolution tunisienne prise en otage ?

A l'appel de partis d'opposition et de nombreuses ONG, des milliers de Tunisiennes et de Tunisiens ont participé samedi 28 janvier à une marche au centre de Tunis pour "défendre les libertés et les droits de l'Homme", "faire front commun contre le fanatisme" et "dénoncer la violence" imputée à des groupes islamistes radicaux, rapportait ce mardi 31 janvier le Nouvel Observateur.

Cette manifestation fait suite à de nombreux incidents, parfois violents, visant ces dernières semaines des femmes, des universitaires, des journalistes, des avocats et autres intellectuels, et notamment les pressions très fortes exercées pour tenter d'imposer l'accès aux universités d'étudiantes portant le niqab (voile islamique intégral). Elle s’inscrit aussi dans le contexte du procès intenté pour diffamation de la religion à la chaîne tunisienne Nessma, poursuivie pour avoir diffusé le film d’animation franco-iranien Persepolis, lequel contient une scène violant aux yeux des radicaux musulmans la proscription de la représentation de la divinité.

Dans ce contexte, le principal parti issu des urnes, Ennahda, qui domine actuellement l’exécutif tunisien et l’assemblée nationale constituante, mais est aux prises avec des tendances contradictoires en son sein — entre radicaux religieux et modérés —, a souhaité porter la voix de l’apaisement et a diffusé un communiqué proclamant son attachement à la liberté d’expression. Il est intéressant de relever que ce communiqué porte témoignage du nœud des crispations tunisiennes du moment : en effet, mettant sur le même plan liberté d’expression, attachement au sacré et liberté de culte, il questionne la hiérarchie des libertés publiques qui est supposée, en démocratie, faire primer la liberté d’expression ou le principe d’égalité sur des droits entendus comme des droits dérivés, parmi lesquels la liberté de religion — la Cour européenne des droits de l’homme l’a ainsi rappelé à plusieurs reprises, en posant très clairement que l’égalité entre l’homme et la femme était un principe supérieur à la liberté religieuse.

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L’Exécutif des Musulmans de Belgique, organe représentatif du culte islamique, a été mis sur pied en 1999. Depuis, il n’a cessé d’être l’objet de critiques et la proie de dissensions internes. Dernière en date, le vote de défiance de l’Assemblée des Musulmans du 13 janvier 2011 à l’égard de membres d’un Exécutif qui ne jouit plus de la reconnaissance des pouvoirs publics.

Le culte islamique a été reconnu par une loi du Parlement belge, c’est-à-dire formellement admis au financement public, en 1974. Cette reconnaissance entraînait la nécessité de reconnaître également un organe représentatif pour ce culte, indispensable pour mettre en œuvre cette décision, en vertu du dispositif constitutionnel belge. Diverses voies ont été explorées par les pouvoirs publics pour obtenir cet organe représentatif. Dans un premier temps, ils se sont tournés vers le Centre islamique et culturel, qui occupait depuis 1969 le pavillon oriental (la « grande mosquée ») du parc du Cinquantenaire, à proximité des institutions européennes. Mais la non-représentativité du Centre, proche de l’Arabie Saoudite, par rapport aux musulmans de Belgique, qui sont pour l’essentiel originaires du Maroc et de la Turquie, a conduit à rechercher une autre solution.

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La plupart des manuels scolaires européens colportent une image dépassée et simpliste de l'islam. Ils présentent cette religion comme étant fondamentalement "Autre" et incompatible avec les principes de la modernité occidentale. En reproduisant ces clichés, les manuels scolaires accentuent les difficultés d'intégration des musulmans dans les sociétés européennes.

Telles sont les conclusions d'une étude scientifique réalisée en 2011 par l'Institut Georg Eckert de Brunswick, un centre de recherche spécialisé dans l'analyse comparative des manuels scolaires en sciences humaines à une échelle internationale (http://www.gei.de/). Cette équipe interdisciplinaire de chercheurs, qui travaille en collaboration étroite avec plusieurs universités allemandes, a passé en revue des manuels d'histoire et d'éducation civique de différents pays européens (Allemagne, Autriche, France, Espagne et Grande-Bretagne). S'il y a déjà eu des études nationales concernant l'image de l'islam et des musulmans dans la littérature scolaire, celle-ci est la première à jeter un regard transnational sur la question.

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Le Centre interdisciplinaire d’étude de religions et de la laïcité de l’Université libre  de Bruxelles a, à la demande de la Fondation Roi Baudouin, réalisé un rapport relatif à la formation des enseignants de religion islamique dans l’enseignement officiel en Communauté française. L’objectif était d’avoir une photographie aussi précise que possible de la formation des enseignants de religion musulmane, et d’actualiser les données recueillies voici plus de vingt ans par Felice Dassetto et Albert Bastenier dans Enseignants et enseignement de l’Islam au sein de l’école officielle en Belgique (Louvain-la-Neuve, 1987).

Cette étude, dans une première partie, rappelle la situation de l’enseignement de la religion islamique en Communauté française, dans le contexte de la reconnaissance du culte musulman par les pouvoirs publics. Une deuxième partie expose les résultats de l’enquête réalisée, tant en ce qui concerne le profil sociologique des enseignants, leur origine, leur parcours de formation et leurs titres et diplômes — et ce en regard des décrets de la Communauté française relatifs aux titres requis qui conditionnent l’accès à l’exercice  de ce métier. Une troisième partie aborde les questions pédagogiques et un dernier chapitre tente une brève comparaison avec les régimes existants en la matière en Communauté flamande et aux Pays-Bas. Nous en offrons ici une courte synthèse.

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