Vendredi 22 novembre 2019

ORELA s’était fait l’écho des prémisses du débat européen sur la circoncision, et ce dès la publication de l’arrêt du tribunal de Grande Instance de Cologne, en juin 2012, qui statuait que « le corps d’une enfant était modifié durablement et de manière irréparable par la circoncision », une modification « contraire à l’intérêt de l’enfant, qui doit décider plus tard par lui-même de son appartenance religieuse ». Cet arrêt, on s’en souvient, avait créé une situation jurisprudentielle inédite en Allemagne, interdisant alors de facto toute intervention de ce type en offrant pour la première fois une base légale à toute appréciation en la matière.

Beaucoup de choses ont été dites et écrites sur l’Affaire Dieudonné — cet humoriste français devenu propagandiste antisémite, bénéficiant d’un surprenant succès populaire et mettant à l’épreuve les frontières de la liberté d’expression. Point n’est besoin, sans doute, d’en rajouter. Quoique. Nombre d’analystes ont en effet vu dans les diatribes antijuives du polémiste français l’expression d’une nouvelle judéophobie — postcoloniale, en quelque sorte — inspirée par les développements historiques de l’après 1967 et en particulier de l’après 11 septembre… Mais il y a plus : le positionnement anti-système — sincère ou démagogique, peu importe ici — de Dieudonné M’Bala M’Bala n’a de toute évidence rien de moderne, ou si peu, même s’il a contribué en France et ailleurs à transformer l’antisionisme et ses ambiguïtés. Il puise au contraire dans un fonds conspirationiste d’origine catholique, vieux de deux siècles, dont les avatars contemporains ne sont en réalité que de simples réappropriations.

Catégories associées:

Depuis les attentats du 11 septembre 2001, les pouvoirs publics occidentaux s’alarment de l’influence du salafisme sur les pratiques religieuses des musulmans européens et nord-américains. Des librairies islamiques abritant un nombre important d’ouvrages de théologiens salafistes aux présentateurs charismatiques des chaînes satellitaires islamiques comme Iqraa, en passant par les tenues vestimentaires ultra-orthodoxes importées directement de la péninsule arabique (jilbâb, niqâb, qamîs), force est de constater que le salafisme tend à s’imposer comme la norme à partir de laquelle le musulman d’Occident doit juger sa pratique religieuse. Prônant une approche littéraliste du Coran et de la tradition prophétique, le salafisme est marqué par une volonté de purger la pratique religieuse de ses particularités locales et des « innovations » qui auraient altéré l’islam originel au fil des siècles. Au-delà de cette matrice doctrinale, le salafisme s'apparente plus à une mouvance plurielle et contradictoire, couvrant un large spectre de positionnements idéologiques. C’est un ensemble composite, voire hétérogène d’initiations multiples, pas toujours coordonnées, d’individus seuls ou formant de petits groupes autonomes.

Catégories associées:

Rares sont les pratiques sociales qui atteignent des taux de croissance aussi marqués que ceux enregistrés pour la crémation. Autorisée en 1963 par l’Église catholique, la crémation n’en est pas moins demeurée une pratique discrète jusque dans les années 1980. Puis, elle s’est développée de manière significative avec dans un premier temps des taux de croissance annuels allant de 10 % à plus de 20 % — des taux qui, de fait, ont diminué à partir des années 1990, alors que le nombre des crémations est toutefois demeuré en augmentation constante. Longtemps marginale donc, la crémation représente aujourd’hui plus de 30 % des obsèques en France. Ces chiffres sont encore plus élevés en Belgique. Les prévisions de l’Association française d’Information funéraire anticipent que les crémations devraient s’établir à 35 % en 2020, puis à 49 % en 2030 (D. Le Guay, La mort en cendres, 2012). A Bruxelles, ce taux est déjà passé à 60 %. Dès le moment où l’usage de ce type de funérailles devient massif et que les vœux affichés d’avoir recours à cette technique se multiplient, il n’est plus possible de percevoir cette démarche comme une intention atypique.

Numerous radical religious groups are active at the European level where they attempt to influence political leaders on issues such as Sexual and Reproductive Health and Rights. Those who refuse their hard-line agendas refer to these organisations, which usually call themselves “pro-life”, as “anti-choice”. There has been a recent change in the way these “anti-choice” organisations express their views on ethical topics: a previous focus on emotions has given way to an increasingly ‘rational’ message. The new conservatives have appropriated values related to democracy and human rights to find a new means of building a sense of legitimacy for their discourse.

Catégories associées:

La réunion des trois anciennes « nations juives » au sein d’un « judaïsme français » s’est opérée notamment à travers la création en 1808, par Napoléon, d’une institution centralisée — le Consistoire. Celui-ci est aujourd’hui de plus en plus contesté dans son rôle de « représentant » des Juifs de France. D’autres institutions se sont créées depuis 1944, qui accompagnent et soutiennent le développement d’identités juives plus séculières, culturelles ou politiques. Elles pointent vers la fin du monopole institutionnel consistorial,  d’autant que le champ religieux s’est lui aussi pluralisé. Les lignes de clivage se sont déplacées, de thèmes politiques vers des questions « de société », concernant par exemple la participation des femmes à l’organisation communautaire et religieuse.

Catégories associées:

Le 4 décembre 2013, un nouveau gouvernement a prêté serment devant le chef de l’État luxembourgeois : le libéral Xavier Bettel, actuel bourgmestre de Luxembourg, succède au social-chrétien Jean-Claude Juncker, en fonction depuis 1995, au poste de Premier ministre. Xavier Bettel est à la tête d’une coalition tripartite, issue des élections du 20 octobre 2013 : on y retrouve le parti libéral (DP, Demokratesch Partei), le parti socialiste (Lëtzebuerger Sozialistesch Aarbechterpartei, LSAP) et les Verts (Déi Gréng). Le parti chrétien-social (Chrëschtlech Sozial Vollekspartei, CSV) est exclu de la participation gouvernementale, pour la première fois depuis 35 ans. On peut parler d’une véritable révolution dans ce pays où l’influence de l’Église catholique demeure importante et où le parti chrétien-social était considéré par beaucoup comme l’un de ses meilleurs relais.

Page 28 sur 44

Analyses du mois

Parmi les idées reçues qui mériteraient d’être revisitées, il y a l’idée selon laquelle les…
La Belgique a voté le 26 mai 2019. État fédéral, elle a procédé au renouvellement tant…
Le 23 septembre 2019 s’est constituée une nouvelle association intitulée « Judaïsme en Mouvement » (JEM) et…
ORELA fait paraître son septième rapport sur l'état des religions et de la laïcité en…
À l’occasion de la deuxième édition du festival "La Religion dans la Cité" (Flagey, Bruxelles,…
À l’occasion de la deuxième édition du festival La Religion dans la Cité (Flagey, Bruxelles,…
Aller en haut