Mardi 11 août 2020
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La Revue Nouvelle consacre son numéro de septembre-octobre 2014 au thème « Parler vrai dans l’Église catholique ». Bien entendu, le clergé est resté un organe exclusivement masculin, mais on peut néanmoins s’étonner, en ce début de XXIe siècle, de ne voir apparaître dans le dossier aucune femme… que ce soit en tant que sujet ou qu’auteure. Dans le contexte agité autour de ce que l’Église catholique romaine appelle aujourd’hui la « théorie du genre », on ne peut qu’être frappé que soient oubliés les femmes et les hommes qui ont tenté de faire entendre la voix du féminisme et de l’égalité à l’intérieur de leur Église. Cette omission est d’autant plus surprenante qu’elle vient d’une revue qui jadis ouvrit sa tribune aux membres de l’une des associations les plus actives dans ce domaine : l’association franco-belge Femmes et Hommes dans l’Église (FHE), qui milite depuis plus de quarante ans au croisement du féminisme de la deuxième vague et du courant conciliaire.

Vendredi 17 octobre 2014

Qu’est-ce qu’une religion ?

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Voilà bien deux siècles, ou presque, que des générations de chercheurs et de spécialistes de la religion posent la question qui est au coeur de l’étude des religions, mais n’appelle sans doute pas de réponse unique ou univoque : "Qu’est-ce qu’une religion ?" Cette interrogation est de nos jours rendue plus complexe encore par la variabilité extrême du phénomène religieux et l’éclatement progressif de ce qui était autrefois au cœur de la religiosité : le lien social. Longtemps, l’autorité publique n’a quant à elle pas eu trop à se poser cette même question dans sa régulation du religieux. En effet, elle considérait la religion de la majorité de la population, plus quelques dénominations certes minoritaires mais traditionnelles et de préférence monothéistes, comme propres à bénéficier de ses largesses ou de son attention. Or, le pluralisme religieux foisonnant que nous connaissons de plus en plus aujourd’hui, la variété des manières de croire, l’apparition de religions nouvelles ou de communautés non croyantes habillées d’oripeaux rituels, voire de religions parodiques, bouleverse désormais la donne. Et suppose d’interroger à nouveaux frais ce qu’est une religion et surtout un culte, à savoir son expression essentiellement publique.

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Le week-end dernier, le nombre de Sunday Assemblies, ou assemblées du dimanche, a plus que doublé. Dans trente-cinq villes du monde, en effet, de nouvelles  « églises » ont vu le jour, rassemblant autour de cérémonies au caractère bon enfant ceux qui, athées, agnostiques, incroyants, indifférents, sceptiques ou libres penseurs, souhaitent fraterniser et célébrer la vie, loin des rituels, des pratiques, des doctrines et des dogmes des religions établies. L’objectif, ici, était de « faire communauté », sans que cette communauté toute circonstancielle ne repose en aucune façon sur la croyance commune en l’existence de Dieu.

Very early, psychologists such as Allport (1954) were fascinated by the amazing power of religion, driving people to behave both prosocially (with ingroup members) and aggressively (with outgroup members). This paradoxical role of religion has been investigated in a number of studies but one critical question remains: Is the paradoxical role of religion universal across cultures and religions? Do East Asian religions, especially Buddhism — which is known to be an open-minded and compassionate religion —, also promote prejudice? Across several studies, we addressed this question and highlighted that, in accordance with the positive stereotype of Buddhism, East Asian religions consistently promote prosociality and tolerance towards various outgroups.

Avec son visage lunaire sans bouche et son costume breton, le personnage de Bécassine est l’une des héroïnes de bande dessinée française les plus connues du début du vingtième siècle. Née sous le crayon d’Emile-Joseph-Porphyre Pinchon pour le premier numéro de la revue La Semaine de Suzette en 1905, elle s’affirme avec Maurice Languereau, pour les textes, lors de la parution du premier album des aventures de Bécassine, L’enfance de Bécassine en 1913. Cette collaboration fructueuse dura jusqu’en 1938 avec la parution du dernier opus, Bécassine en roulotte. Les albums publiés chaque année entre 1905 et 1938 connurent un succès important. L’héroïne bretonne fut ensuite remise au goût du jour dans les années cinquante, et vingt ans plus tard, devint le sujet d’un air populaire grâce à la chanteuse pour enfants Chantal Goya. Furent alors mis en évidence son caractère bon enfant et maladroit. De la sorte, tout le monde semble avoir oublié que le projet initial des albums comportait une réelle dimension politico-religieuse. Si Bécassine « est ma cousine », comme le dit la chanson, elle n’en demeure pas moins une cousine bien catholique.

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Le référendum invitant les Écossais à se prononcer sur l’indépendance de leur région (ou Nation pour ses partisans) a inspiré de nombreux reportages sur les spécificités politiques, sociales, économiques et culturelles de ce pays. Ces analyses n’interrogeaient cependant que très rarement la place de la religion dans les rivalités identitaires en place. On oublie ainsi que si la religion majoritaire y est l’Église d’Écosse presbytérienne, très liée à l’identité écossaise, la deuxième en importance est l’Église catholique romaine. Cette dernière a vu croître les rangs de ses fidèles par l’apport des Irlandais au XIXe siècle, puis, au XXe siècle, l’immigration italienne et polonaise — et, plus récemment, indienne, philippine et africaine. De ce fait, la proportion de catholiques dans la société y est plus élevée qu’en Angleterre : on l’estime en effet à 17 %, contre 10 % au sud du Royaume-Uni. Quelles sont les conséquences de cette présence sur les dynamiques politiques et sociales écossaises ? Quel a été ou aurait pu être son impact sur le résultat du referendum autour de l’indépendance écossaise ?

Le philosophe Guy Haarscher a récemment consacré à la Cour suprême des Etats-Unis un petit livre non seulement lumineux, mais aussi fort utile (La Cour suprême des Etats-Unis. Les droits de l’Homme en question, Bruxelles, 2014). Utile, en effet, parce que cette synthèse bienvenue aide à comprendre le système des checks and balances qui régit la répartition des pouvoirs au niveau fédéral américain, ainsi qu’entre l’Etat fédéral et les cinquante entités fédérées. Et ce dans une Nation dont le droit a constamment évolué, pour une part au gré de la jurisprudence d’une cour, la Cour suprême, considérée par d’aucuns comme le véritable épicentre du pouvoir américain, ou du moins son puissant contrepoids. Ce constat s’applique en particulier à la lecture faite par la Cour du fameux 1er Amendement à la Constitution, qui concerne aussi bien la liberté d’expression que la liberté de religion et établit aux USA, depuis plus de deux siècles, le principe de la séparation Eglise/Etat.

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Analyses du mois

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