Samedi 20 avril 2019

Le 30 mars 2014, un nouvel organe représentatif du culte islamique était présenté à la presse belge. Issu pour la première fois d’un processus d’élection interne aux mosquées, cet Exécutif des Musulmans de Belgique avait pour mission de stabiliser l’organisation du culte islamique et faire progresser des dossiers importants, en particulier la reconnaissance de nouvelles mosquées. Deux ans plus tard, un constat d’échec entraine un remaniement de sa composition et la nomination d’un nouveau président, sur fond de moyens supplémentaires alloués par les pouvoirs publics au culte islamique.

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Depuis quelques décennies, la nature des relations entre politique et religion en Allemagne a fait l’objet de profondes mutations. Celles-ci sont liées à la sécularisation, à l’importance grandissante du nombre des personnes dites sans confession (Konfessionslose), à l’individualisation et la pluralisation religieuses, et notamment à la présence de plus en plus affirmée de l’islam. Ces évolutions, qui tendent à remettre en question l’équilibre bi-confessionnel protestant vs. catholique, longtemps considéré comme une dimension essentielle de l’identité collective allemande, bousculent les représentations d’une société qui a du mal à penser le pluralisme et la neutralité confessionnelle sans référence au christianisme. Les autorités publiques sont ainsi amenées à trouver des solutions politiques et juridiques, susceptibles de concilier la protection de la liberté de conscience et de religion, le principe de neutralité de l’État et l’égalité de traitement de toutes les communautés religieuses.

Le 9 février dernier, l’Observatoire des Religions et de la Laïcité a organisé à Kinshasa (RDC), au Centre de Documentation de l'Enseignement supérieur, universitaire et recherche (CEDESURK), une table ronde consacrée au fait religieux en République démocratique du Congo. En effet, la RDC se caractérise aujourd’hui par une foisonnante dynamique religieuse, une diversité convictionnelle qui se rencontre en particulier en milieu urbain. De nombreux chercheurs, congolais et étrangers (Alexis Matangila Ibwa ; Jérôme Ballet, Claudine Dumbi  et Benoît Lallau ; Musenge Mwanza ; Nomanyath Mwan-a-Mongo ; José Mvuezolo Bazonzi ; Gaston Mwene Batende ; Julie Ndaya Tshiteku… parmi bien d’autres) ont pointé les divers aspects de cette dynamique, notamment le développement des Eglises dites du « Réveil » à Kinshasa — un essor qui n’est toutefois pas propre à la seule capitale.

Nous ne pouvions pas ne plus vous en parler : le festival bruxellois « La Religion dans la Cité », dont nous sommes les initiateurs et qui a été organisé à Flagey en collaboration avec le journal Le Soir et la RTBF, a été une extraordinaire réussite, dépassant largement nos plus folles espérances : plus de 7600 personnes se sont en effet pressées aux huit grands débats, aux douze « Face au public », à la grande conférence et aux deux spectacles qui leur ont été proposés les 29 et 30 janvier. C’est une magnifique récompense pour le travail que nous menons depuis février 2012.

La kabbale est plus que jamais à la mode dans le monde de la spiritualité alternative. Si des institutions comme le Kabbalah Centre rassemblent plusieurs milliers de membres à travers le monde, la kabbale donne également lieu à de nombreuses publications visant à vulgariser le sujet et à le mettre en perspective avec de nouvelles disciplines. Deux thèmes en particulier sont traités de façon récurrente : la mystique des lettres et leur pouvoir thérapeutique. Il semblerait en effet que le grand public soit en demande de nouvelles voies de connaissance de soi et, à travers elle, d’une recherche d’un mieux-être, caractéristique des formes contemporaines de spiritualité. Cet engouement reflété par le monde de l’édition est emblématique à plus d’un titre. D’une part, il témoigne d’un intérêt grandissant du public pour la kabbale et pour les lettres hébraïques en particulier ; d’autre part, il s’inscrit dans un mouvement de vulgarisation de la mystique juive, qui s’intègre ainsi toujours plus dans le paysage de la spiritualité alternative.

La manière dont le grand public et les médias se représentent le fait religieux est souvent tributaire des coups de projecteurs braqués sur les religions en raison de l’actualité immédiate et des rapports de force qu’elles subissent ou entretiennent entre elles — voire avec l’Etat et les collectivités locales. Dès lors, beaucoup de stéréotypes et a prioris circulent sur les religions, leurs pratiques et les croyants. Pour les sciences humaines, l’une des manières les plus efficaces d’approcher la façon dont la religion est vécue, pratiquée, perçue et expérimentée par les individus est l’enquête. ORELA, dans le cadre de "La Religion dans la Cité", et en collaboration avec Le Soir et la RTBF, vient ainsi de faire réaliser par IPSOS un sondage sur « Les Belges francophones et la religion ». Quels enseignements en tirer ?

Retrouvez nos invités de "La Religion dans la Cité" dans les « Face au public », au Studio 1 de Flagey...

 

Le vendredi 29 janvier :

15h10 : Delphine Horvilleur
15h40 : Jean Baubérot
16h20 : Faouzia Charfi
16h50 : Marie-Claire Foblets
17h30 : Olivier Roy
18h10 : Tariq Ramadan

Le samedi 30 janvier :

11h : Abdennour Bidar
11h40 : Bernard Foccroulle
12h20 : Jean-Loup Amselle
14h : Gilbert Achcar
14h40 : Abdelmajid Charfi
15h20 : Jean-Claude Bologne

Plus d'infos sur : http://www.lareligiondanslacite.be
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